rencontre hasardeuse (joana)

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Jax Thomson
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In Town Since : 04/07/2018
Writings : 287
Real Face : blue afternoon, anaïs.
Faceclaim : david prat, miserunt.
Alter Ego : nope.
Birthday : vingt-trois années de vie épuisée, les années qui s'achèvent à chaque huit juin.
Heart : organe vital incapable de battre plus que la norme, cœur incapable de tomber pour quelqu'un. l'incapacité à aimer depuis toujours, il n'y arrive pas à se laisser submerger par ce sentiment destructeur.
Job or Studies : emmerdeur le jour, dealer la nuit.
Neighborhood : une adresse qu'il est incapable de retenir, mais au moins, il connait le chemin.
Last Purchases : un paquet de clopes pour se niquer la santé et le briquet qui va avec.

─ people are poison

la famille, flora & mulan
la coloc, sierra, alma & fares
l'électricité, joana
guerre ouverte, samuel
l'inconnue de la colline, sapho
presque comme un père, augustus


and life is pain ─

sierra // joana // samuel
alma // tc // flora
sapho

rencontre hasardeuse (joana)
7th Juillet 2018, 13:21
            

l'univers est grand, l'univers est vaste. des milliards d'étoiles qui l'illuminent donnant vie aux cieux. des étoiles lumineuses, des étoiles sombres, des étoiles étincelantes de mille feux et d'autres aux rayons lumineux presque éteints. et puis, au milieu de toute cette beauté, y a jax. un astre échoué dans ce monde se questionnant sur la raison de sa venue. celui qui perd de sa lumière un peu plus chaque jour jusqu'à ne devenir rien d'autre qu'une météorite s'écrasant la fois de trop sur terre. parce que jax, il est là, allongé sur le trottoir. le regard perdu dans le ciel bleu à la recherche de réponses aux dizaines de questions s'abattant dans sa caboche cabossée. il a l'air perdu sur son bout de trottoir où les passants déambulent à qui il inspire un brin de pitié éphémère avec sa gueule ensanglantée, ses phalanges rougeâtres d'un sang qu'est pas sien et son regard éteint d'une lueur d'envie de vivre. ça fait pitié de voir son âme brisée s'enliser contre le béton froid. jax, étoile à peine perceptible dans les rues, celle qu'il se demande ce qu'elle fait sur terre, celle qui se demande ce qu'elle fout là avec ses restes d'éclats de vie qui persistent à exister. « monsieur, vous allez bien ? » la reconnexion à la réalité soudaine. phrase lui étant adressée par une voix fluette s'échappant dans les airs. il tourne légèrement la tête pour voir apparaître la silhouette fine d'une gosse dans son champ de vision. l'innocence débordant dans ses prunelles à lui en retourner l'estomac. vision de ses sœurs à l'âge de la naïveté absolue défilant dans ses iris dès qu'il croise le regard de la gamine, un saut dans le temps lui déchirant le cœur tout en apaisant les maux de son être le tuant à petit feu. et merde. il se relève avec difficulté, sa respiration qui se coupe sous la douleur lancinante qui traverse toutes les fibres de son corps. un mal de chien lui arrachant une grimace passagère sur son faciès. il tente d'ignorer la souffrance de ses membres abîmés. son corps endolori qui bouge dans des gestes lents à cause des bleus parsemant son épiderme écorché et des plaies ouvertes sous la griffure des contacts bien trop violents. mais, il y arrive, il se relève, preuve qu'il est encore bien en vie face à l'âme innocente soucieuse de l'état d'un inconnu. ça lui fait presque croire en l'humanité, jax. elle lui fait presque croire en un semblant d'humanité cette gamine. « t'inquiète. » qu'il sort avant de laisser glisser la paume de sa main dans son cuir chevelu lui frottant jusqu'à mettre la pagaille dans les mèches de ses cheveux. un geste rassurant, réconfortant. cependant il ne s'y attarde pas trop pour ne pas être voleur des éclats de puretés de cette enfant avec la vision du désastre qu'il représente. il s'en va la laissant sur le bord de la route, ses pieds qui traînent supportant la douleur des coups qu'il a pris dans la gueule. faut dire qu'à deux contre un, la partie était terminée avant même d'avoir débuté. échec et mât avant même le commencement. parce que c'est pas un surhomme le gamin, juste un homme parmi les autres perdant sa lucidité dans la recherche frénétique d'une raison de vivre. c'est affligeant d'espérer y croire.

sa main traîne dans le fond de la poche de sa veste à la recherche de son paquet de clopes. une recherche concluante au bout de quelques secondes où il ne patiente pas pour glisser une énième cancéreuse tueuse entre ses lippes desséchées. mais manque de chance, il se retrouve sans briquet pour allumer ce bâtonnet empoisonneur de ses poumons. « fait chier. » phrase marmonnée d'une façon à peine audible, les sonorités restent coincées entre les poils mal rasés de sa barbe. seul lui peut percevoir sa voix s’élever pour cracher son agacement. et ça s'accompagne d'un grognement qui sonne au fond de sa trachée lorsque ses doigts attrapent d'un coup sec la cigarette coincée dans son bec. ça l'agace, ça l'énerve, aussi con que cela soit. ou peut-être est-ce le goût amer de la défaite qui rend ce manque de feu tellement désagréable. il ne sait pas vraiment, mais il sent qu'il perd le peu de patience qu'il possède et ça lui tape tellement sur le système de devoir ranger sa clope dans son paquet. alors, il part à la recherche. son regard vagabonde dans la rue, où il erre, à la quête d'une présence. personne dans l'horizon. jusqu'à ce qu'il la voit. la jolie demoiselle cherchant quelque chose dans son sac. il s'en approche d'un pas rapide même à la sensation insupportable de ses muscles se tordant sous les blessures. cela importe peu quand il ne désire qu'avoir un briquet. pas qui s'arrêtent plantant son corps devant elle, il attend qu'elle daigne lever les yeux pour voir sa silhouette cabossée. mais c'est le long souffle d'exaspération s'échappant d'entre la barrière de ses lèvres qui arrive à attirer son attention le temps d'une seconde. « t'as pas un feu ? » feu qui lui servira à gâcher sa vie un peu plus rapidement, à crever un peu plus vite en pourrissant l'air qu'il inspire à lui en détruire les bronches jusqu'à ne plus pouvoir reprendre son souffle. et il se fout, jax, de l'image qu'elle se fera de lui quémandant un briquet avec son visage ouvert de tous les côtés et son corps instable sous le déchirement de sa peau. il n'en n'a rien à faire. il veut juste une étincelle pour embrasser sa cigarette et il disparaîtra dans la pénombre des rues aussi vite qu'il est arrivé. alors, elle peut bien penser ce qu'elle veut, la jolie blonde à l'air angélique.
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Joana Bensons
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Re: rencontre hasardeuse (joana)
7th Juillet 2018, 19:39
            

    Elle a les mains qui vont et viennent sur le papier Joana. Les dessins et les visages. Les bulles s'entre-croisent. Et puis la musique derrière, la musique qui chante des notes à ne plus savoir où les mettre, mélodie chaotique d'un matin d'été. Il fait beau dehors, et dans la pièce qui lui sert de bureau à Joana, la lumière vient délicatement caresser les murs d'une chaleur ombrageuse. Joana, elle a les doigts sales, depuis le temps. La pointe des doigts teintée de gris, comme si le crayon cherchait à s'accrocher à sa peau, toujours un peu plus. Elle efface puis elle recommence. Joana elle danse avec le papier, puis finalement elle le froisse. Ou peut être est-ce lui, qui la froisse. Lui qui lui fais dire que rien ne va, que les formes n'ont pas de sens et que le sens n'a pas de raison d'être mis en forme. Le crayon se pose, abandonné sur un plan de travail recouvert d’innombrables objets. Parce qu'elle dit toujours que peut être, un jour. Peut être que les objets lui serviront. Peut être. Finalement, elle se laisse tomber contre le dossier de son siège, et ses mains viennent glisser contre son ventre à peine rond. Le médecin lui a dit, qu'il pourrait mettre du temps à prendre forme. Le temps médical, puis aussi son temps à elle. Parce qu'elle préfère Joana, ne pas voir. Ne pas être rappelée à chaque regard à ce ventre qui grandit, alors qu'autour rien n'avance comme il faut. Les jours passent et se ressemblent. Des journées passée seule à tenter de noircir les pages cartonnées de ses cahiers à dessin. Alors ses doigts marchent, l'un après l'autre sur la courbe arrondie de son ventre. Bientôt tout sera tellement différent. Ça lui fait peur parfois à Joana, l'idée que tout puisse changer. Parce que plus rien n'est sûr. Rien ne l'a jamais été. La maison a parfois cette allure immense, et Joana au milieu, elle devient minuscule, poupée à l'allure de chien sauvage. Gamine pas toujours en mesure de devenir cette femme qu'on lui souhaitait devenir. Elle est ce qu'on s'est appliqué à ne pas faire d'elle, le doux mélange d'un père et d'une mère bien loin de se rêver rois du monde. Finalement Joana retire ses doigts, comme si sa peau lui brûlait, tellement fort. Le ventre brûlant qu'elle aurait imaginé pouvoir chérir. Devenir pareil à toutes ces femmes qui sortent épanouies sous leurs grands manteaux en clamant haut et fort les joie de la maternité. Mais Joana n'est pas mère, Joana elle est seulement perdue. Perdue dans un monde bien trop grand.

    Elle finit par se redresser, se lever et attraper les quelques esquisses dessinées sur le papier. Elle déteste ce qu'elle voit Joana, et pourtant après un regard à l'horloge murale, elle les glisses dans un sac qu'elle s'empresse de glisser sur son dos. On ne l'attend pas, on sait seulement qu'elle doit passer avant la fermeture du journal pour déposer les dernières planches pour l'édition du journal de la semaine prochaine. Alors elle sort Joana, en laissant derrière elle cette maison acheter avec bien trop de projets en tête. Celui d'un mariage, d'une famille. Elle les enferme derrière elle Joana, et elle se glisse sur le trottoir pour rejoindre la rue principale. C'est pas loin, c'est jamais loin. Alors elle glisse son sac sur ses épaules et s'aventure au travers des chemins qu'elle a parcourue de nombreuses fois quand elle était gamine. Joana avec son vélo rouge qui descendait en équilibre la rue principale d'Haven Bay. C'est chez elle, ça a toujours été chez elle, et pourtant elle ne s'est jamais sentie si étrangère.

    Dans son sac, son téléphone vibre. Elle déteste quand il fait ça, quand il se rappelle à elle, lui rappelant combien elle se doit d'être toujours joignable. Elle déteste pouvoir être contactée partout et à n'importe quel moment. Elle déteste qu'on attende d'elle qu'elle réponde. Pourtant, elle laisse son téléphone faire du bruit, parce que Teo le lui a demandé. Joana au milieu de la rue, elle s'arrête et glisse les mains au milieu des nombreux objets qu'elle garde au fond de son sac. Un tee-shirt, des vieilles factures, des lunettes de soleil. Et puis tout au fond, sous ses doigts, elle le sent, le téléphone qui vibre encore. Une dernière fois. Puis il se tait sans qu'elle ai eu le temps de l'attraper. « t'as pas un feu ? » Il dit, drôle de voix sortie de nul part qu'elle aurait été bien incapable de voir venir Joana. Il est là, planté devant elle quand elle redresse son regard, ses doigts accrochés autour de son téléphone portable. Il vibre à nouveau mais elle n'y fais pas attention, le regard posé sur lui. Le loup à l'allure de chien battu, dont elle parcourt un instant le corps abîmé pour juger de l'étendue des dégâts. C'est pas pour elle ce genre de chose, c'est pas pour Joana. Teo lui, il lui aurait proposé de l'aider à soigner ses plaies et panser ses maux. Mais Joana elle sait pas faire. Joana quand elle tombait dans le garage de son père, il lui répétait que c'était pas grave, que la douleur partirait avec le temps. Joana elle s’égratignait les genoux et elle repartait en courant. Allez savoir pourquoi, lui aussi, il a l'air prêt à partir en courant. Alors elle reste silencieuse, juste un moment. Et puis elle glisse à nouveau les main dans son sac avant de le remettre à sa place, en équilibre contre son épaule. Elle pourrait appeler Teo, lui demander de passer. C'est peut être pour ça qu'elle la croiser, pour lui proposer de l'aide, ou devenir une de ces âmes charitables qui vous couvent du regard pour vous rappeler combien ils vous sont indispensable. Mais Joana ne l'est pas, indispensable. Alors elle tend sa main vers lui et déplie ses doigts. Un briquet, elle en a un, parce que parfois, sur le chemin du retour, elle allume une cigarette qu'elle glisse entre ses lèvres. Elle devrait pas. Comme tout un tas d'autres choses, elle se devrait d'être droite Joana, doucement responsable, et prête à devenir une de ces saintes qui vous sourient à la sortie des écoles. « vous pouvez le garder » qu'elle finit par dire. Parce que son regard à Joana, il reste là, posé sur lui. Il parcourt ses épaules, sa nuque, sa mâchoire, jusqu'à tomber sur ses doigts. Pas par habitude, pas vraiment. Joana elle regarde les gens avec cette manière particulière, parce que c'est comme ça qu'ensuite elle les dessine, d'une manière particulière. Mais lui, le chien cabossé, il a les mains qui tremblent. Tant pis. Tant pis pour lui, tant pis pour elle, tant pis pour tout. En remettant correctement la bretelle de son sac sur son épaule, elle sourit Joana, d'un de ces sourire qui se veulent polis. Il ne lui fait pas peur, pas lui. Ce qui l'effraie Joana, c'est son incapacité à s'attarder pour lui proposer de l'aide. Drôle d'animal un peu sauvage, drôle de fée qui préfère cent fois les murs clos de sa maison à l'espace ouvert au dehors où elle risquerai de croiser âmes qui vivent. Parce qu'elle a quelque chose de fragile Joana, dans le regard ou sous la peau. Quelque chose qui fait que finalement, elle s'apprête à s'éloigner de lui sans rien ajouter. Il voulait un briquet, il en a un. Mais elle reste. Pas parce qu'il est abîmé, non. Parce qu'il y a quelque chose qui lui fait dire qu'elle doit rester. Ne pas s'éloigner, pas trop vite. Quelque chose chez lui. Son regard peut être. Ou sa peau, cette drôle de peau pareil à du papier à musique, sur laquelle se parsème par endroit quelques notes maladroites. Ça dure quelques secondes, à peine. Et puis le téléphone portable qui vivre à nouveau. Alors Joana, elle se laisse tomber sur le trottoir sur lequel elle s'agenouille. « merde » qu'elle murmure en vidant sur une partie du contenu de son sac jusqu'à trouver le fameux objet de ses malheur. Un téléphone, minuscule, qu'elle tend à l'inconnu. « vous pouvez prendre ça ? » Elle dit et le téléphone s'éteint à nouveau. Alors elle remet un à un les objet dans son sac et finalement se relève. Face à lui, face à son inconnu auquel elle finit par sourire. Ça lui va bien finalement, cet air de type abîmé. Alors elle glisse ses doigts jusqu'aux siens, là où elle a glissé son téléphone portable. Il a la peau froide. « vous avez la peau froide ».
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Jax Thomson
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Alter Ego : nope.
Birthday : vingt-trois années de vie épuisée, les années qui s'achèvent à chaque huit juin.
Heart : organe vital incapable de battre plus que la norme, cœur incapable de tomber pour quelqu'un. l'incapacité à aimer depuis toujours, il n'y arrive pas à se laisser submerger par ce sentiment destructeur.
Job or Studies : emmerdeur le jour, dealer la nuit.
Neighborhood : une adresse qu'il est incapable de retenir, mais au moins, il connait le chemin.
Last Purchases : un paquet de clopes pour se niquer la santé et le briquet qui va avec.

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Re: rencontre hasardeuse (joana)
16th Juillet 2018, 02:33
            

le temps file. le temps défile, sous ses iris sombres impuissants. étrange impression que les minutes s'écoulent d'une vitesse bien trop lente face à l'attente d'une réponse positive ou négative de la belle inconnue. jax, il est là, tentant de posséder un peu de patience. une de ses mains glisse entre les mèches sales de sa chevelure désordonnées avant qu'un fin soupir d'impatience s'échappe hors de ses lèvres. patience qu'a déjà atteint son maximum, parce qu'il n'a jamais été du genre patient, plutôt le type impatient incapable de rester calme plus de soixante secondes piles. mais ce n'est pas l'attente trop longue à son goût qui l'agace le plus, qu'il le fait soupirer à nouveau. non. c'est parce qu'il est là, debout face à elle avec son allure cabossée et sa peau écorchée, laissant s'échapper d'entre les diverses plaies son fluide sanguin tâchant son épiderme blanc de traces rouges, il remarque la lueur étrangère dans le fond de ses prunelles de celle dont il ne connaît rien, qu'est une énième personne perdue dans la foule. il le voit, l'éclat d'hésitation qu’apparaît soudainement dès qu'elle le remarque. une hésitation de proposer son aide qui la prend sans qu'il n'est rien demandé. car auprès d'elle, l'inconnue du trottoir qu'a eu la malchance d'arrêter sa marche au mauvais moment, ce n'est pas de l'aide qu'il vient chercher, même pas un semblant d'apaisement pour la douleur physique tiraillant son être. non, rien de ça, juste un foutu briquet pour allumer une nouvelle cancéreuse qui signifiera peut-être finalement sa fin. alors, jax lâche un grognement faible pour prouver son désagrément face au questionnement intérieur qui la submerge de proposer son âme ou pas à une âme blessée. sauf qu'il n'en veut pas de son aide, de sa charité hypocrite qui lui donnera bonne conscience. il ne veut de l'aide de personne, parce qu'il sait que les gens n'aident que pour dormir plus paisiblement. il sait lui que jamais personne ne proposer son aide sans une pensée égoïste, que les personnes altruistes ne sont qu'un mythe cachant des gens cherchant une rédemption. et puis, jax, il y la croyance idyllique d'être un surhomme que rien ne peut tuer, celui qu'a besoin d'être aidé par aucun être humain car il est assez puissant pour supporter tous les châtiments de la vie. c'est faux. complètement faux. pensée surréaliste digne d'un enfant se prenant pour le super-héros de son enfance. pourtant, il fait croire ça avec tellement de conviction au monde entier qu'il arrive presque à s'y tromper lui-même. et de la voir, elle, tellement hésitante de laisser rouler les syllabes d'une proposition d'aide sur ses papilles, il est prêt à faire demi-tour sans son feu. premier pas en arrière qu'il effectue dans une tentative de fuite déjà prise en quelques secondes, il s'apprête véritablement à s'en aller. mais, elle se décide finalement à sortir un briquet, soudainement, de lui proposer sans même faire remarquer son état affligeant. ça le surprend sur le coup. tellement qu'il ne sait pas comment réagir, s'attendant certainement trop à ce qu'elle lui montre qu'elle veut panser ses maux que ça le laisse interloqué qu'elle ne le fasse bien. tant pis. tant mieux. il n'en n'a que faire, et si elle aussi, cela lui va. l'objet tant attendu glisse entre ses doigts rougeâtres, il l'attrape sans attendre tout en glissant son autre main dans le fond de sa poche pour récupérer sa clope. « non. c'est bon. j'en ai plein. » sauf là. sauf à ce moment précis. comme par hasard, il n'en n'a aucun sur lui à cet instant, ou peut-être est-ce plus qu'une simple coïncidence de la vie. rencontre destinée ? hasard total ? cela importe peu. il ne se pose pas de questions existentielles lui sur les raisons de ce briquet manquant dans ses poches alors qu'il en a toujours un sur lui d'habitude. il s'en fiche, ne voulant que fumer sa cigarette. bout orangé qui glisse entre ses lèvres et pouce qu'enclenche la flamme pour brûler l'autre bout. ça y est. première inspiration tueuse inhalée. fumée qui s'infiltre dans ses poumons déjà bien pourris de cette substance toxiques laissant une trace indélébile sur ses bronches. mais jax il ne ressent pas de brûlure sur la peau interne de sa trachée. lui, il ne ressent qu'une libération éphémère. un calme après la tempête. ça lui fait de bien de fumer. ça lui fait de bien de réduire son espérance de vie. petit bâton tueur dont il est devenu dépendant.

clope allumée. demande réalisée. jax tend le briquet face à lui, lui tendant en attendant qu'elle reprenne son bien prêté. il attend. encore une fois, de nouveau. et sa patience s'estompe tout aussi rapidement. un manque considérable de patience, pire qu'un gamin de cinq ans. mais il a l'étrange impression de toujours attendre en ce moment, de toujours attendre avec cette inconnue, de toujours attendre qu'elle réagisse à ses actions. peut-être est-ce juste cette même impression que le temps s'écoule trop doucement. peut-être qu'en vérité, elle est plus rapide qu'il ne le pense. c'est peut-être juste lui ou c'est elle. il ne sait pas, il s'en fiche. l'envie de se barrer qu'efface les questionnements philosophiques qu'il ne possèdera jamais. elle est trop lente pour lui et ça lui tape sur le système à jax, lui qui ne cesse de courir après la vie pour se sentir vivant, lui qui vit à cent à l'heure sans prendre le temps de profiter. il n'a pas le temps, pas son temps en tout cas. implosion d'impatience proche, prête à exploser d'une seconde à l'autre. jusqu'à ce que les aiguilles de l'horloge se mettent à se mouver rapidement. tout va vite. très vite. trop vite. un changement d'ambiance le laissant se noyer dans l'incompréhension de l'instant. il ne peut pas prendre le temps de comprendre que la symphonie de la sonnerie téléphonie se remet à sonner autour d'eux et qu'elle se laisse tomber sur le sol en éparpillant ses affaires partout pour trouver son téléphone. il y pige que dalle, jax, quand elle glisse son téléphone entre ses doigts abîmés. surprise de cette confiance qu'elle lui donne, car il pourrait très bien se casser en courant lui volant son mobile. mais il le fait pas, restant là comme un idiot à la regarder ranger son foutoir avec son briquet et son téléphone en main. « ouais. c'est pas comme si tu m'laissais le choix, là. » qu'il lâche après qu'elle lui demande gentiment s'il peut lui garder ses affaires. la politesse presque stupide lorsqu'elle lui a littéralement foutu dans les mains. complètement débile, et lui tente d'ignorer l'envie de tout lâcher pour que ses affaires s'explosent à terre. nouvelle inspiration d'une nouvelle taffe de sa clope. deuxième inspiration tueuse inhalée. ses yeux fixent les mouvements de la blonde, la regardant un peu comme un con jusqu'à ce qu'elle se relève. prunelles qui se croisent, doigts qui se frôlent, chaleur et froideur qui s'échangent et petit courant électrique traversant son corps le faisant sourciller. qu'est-ce qu'il vient de se passer, là, au juste ?

troisième inspiration tueuse inhalée. et toujours son regard plongé dans le sien lorsqu'elle prononce une phrase sur le vif ne possédant aucun sens à l'esprit de jax. ses sourcils se froncent sous ses mots incompréhensibles. l'inconnue qui fait une constatation sur sa chaleur corporelle, une inconnue dont il ignore tout et qui le laisse étrangement perplexe. « et toi, t'as la peau chaude ? wow. super découverte. » gamin impoli qui tente de faire comprendre l'idiotie de la réflexion car il n'y comprend rien. c'est d'une idiotie incohérente. une discussion qui tourne au ridicule le laissant confus. qu'est-ce qu'il fiche encore là ? face à elle ? lui parlant ? il n'y pige rien et il ne sait clairement pas ce qui le pousse à rester planter là. peut-être parce qu'il a le sentiment de l'avoir déjà vu quelque part, ou de devoir être présent, à cet instant précis sur ce bout de trottoir devant cette fille. pourtant, il trouve ça ridicule et plus que tout, il la trouve ridicule. parce qu'elle balance ses affaires pour trouver son téléphone, qu'elle lui fait une demande après avoir agi, qu'elle lui balance une phrase idiote. jax, il se questionne, il s'interroge : qui est-elle ? mystérieuse femme aux airs angéliques ne laissant que confusions sur son passage éphémère. merde, faut qu'il se barre le gamin, avant de perdre le peu de neurones qu'il a réussi à garder après tous les coups dans la gueule qu'il s'est pris. « bon. tu récupères ton foutu briquet et ton putain de téléphone là ? » balance-t-il d'un ton agacé, parce qu'il se rend compte qu'elle n'a encore rien récupéré étonné de la froideur de son épiderme. il s'agace, le gamin. il s'énerve, le gamin. pour une futilité, une connerie. parce qu'il veut partir en courant, retourner dans les coins sales de la ville pour faire sa vie. parce qu'il veut s'en aller sans se retourner et arrêter de réfléchir aux sentiments étranges inexplicables le faisant bouillir et aux interrogations d'une logique à cette rencontre hasardeuse ou cette personne étrangère. il veut se remettre à courir après sa vie, qu'importe toutes ce qu'il ressent le rendant perplexe sous l'intensité du regard de la belle.

et, il fume une nouvelle taffe, pour se détendre, pour calmer ses nerfs.
quatrième inspiration tueuse inhalée.
et demain, peut-être que ses poumons cesseront de fonctionner sous toute la toxine absorbée.
et après-demain, peut-être que son cœur cessera de battre sous toute la fumée l'empoissonnant.
et le surlendemain, peut-être qu'il crèvera enfin.
qui sait ? sa vie se consume aussi vite qu'il consume sa clope.
sous les iris bleus mer de l'inconnue passagère qui abat les derniers soupçons de patience qu'il détient.
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